Au sommaire · 7 parties
Précisons d'entrée où se situe la limite : aucune allégation de santé concernant la gelée royale n'est autorisée dans l'Union européenne, et rien de ce qui suit ne doit être lu comme un conseil de traitement. Ce qui suit, c'est ce que des essais ont mesuré, sur combien de femmes, à quelle dose, et avec quelles réserves. Les références sont en fin d'article.
Pourquoi la question revient si souvent
Parce qu'elle est mal traitée ailleurs. Le traitement hormonal de la ménopause est efficace et reste l'option de référence, mais il est contre-indiqué dans plusieurs situations, et un certain nombre de femmes ne peuvent pas ou ne souhaitent pas le prendre. C'est exactement l'argument d'ouverture de la méta-analyse la plus récente sur le sujet : c'est ce vide qui pousse à s'intéresser aux alternatives, et qui rend d'autant plus nécessaire de les évaluer sérieusement.
Un travail allemand publié en 2020 a d'ailleurs fait le tour des ouvrages d'apithérapie pour comparer leurs recommandations aux données disponibles. La gelée royale y est le produit de la ruche le plus recommandé pour les troubles de la ménopause, devant le pollen. Les auteurs jugent cette recommandation fondée — et réclament aussitôt des essais comparant les produits de la ruche aux options qui ont déjà fait leurs preuves, plutôt qu'à un placebo.
Ce que dit la méta-analyse de 2026
Une équipe brésilienne a passé en revue en 2026, dans la revue Menopause, l'ensemble des essais publiés entre 2011 et 2021. Sur 281 études repérées, six essais portant au total sur 471 femmes ménopausées ont été retenus.
Le résultat chiffré, en revanche, ne repose pas sur ces six essais : il repose sur les deux seuls qui étaient suffisamment comparables pour être regroupés, soit 312 participantes. Sur ces deux-là, les symptômes de la ménopause s'améliorent davantage sous gelée royale que sous placebo, avec une différence moyenne standardisée de 0,73 (intervalle de confiance à 95 % : 0,50 à 0,96) et une hétérogénéité nulle entre les deux études. Les auteurs qualifient le niveau de preuve de modéré.
Deux essais, trois cent douze femmes, niveau de preuve modéré : c'est un signal réel, et c'est un signal étroit. Il ne fait pas de la gelée royale un traitement.
Les essais, un par un
Iran, 2019 : deux cents femmes, huit semaines
C'est le plus gros des deux essais regroupés. Deux cents femmes ménopausées ont reçu chaque jour 1 g de gelée royale ou un placebo pendant huit semaines. Le score global de symptômes de la ménopause a diminué dans le groupe gelée royale.
Japon, 2018 : quarante-deux femmes, douze semaines
Quarante-deux femmes japonaises ménopausées ont pris 800 mg par jour pendant douze semaines. L'anxiété et les douleurs du bas du dos ont reculé par rapport au placebo, sans effet indésirable rapporté. L'effectif est petit, et les critères retenus — le dos, l'anxiété — ne sont pas ceux auxquels on pense en premier.
Iran, 2016 : une crème, pas une cuillère
Quatre-vingt-dix femmes de 50 à 65 ans ont utilisé pendant trois mois soit une crème vaginale à 15 % de gelée royale, soit un lubrifiant, soit des estrogènes conjugués. Les scores de qualité de vie et de fonction sexuelle et urinaire étaient meilleurs dans le groupe gelée royale.
Cet essai demande une lecture attentive, et nous la faisons volontiers : sur la cytologie vaginale, qui est la mesure objective de l'atrophie, ce sont les estrogènes qui l'emportent nettement, et la gelée royale ne se distingue pas du lubrifiant. Autrement dit, l'amélioration porte sur ce que les participantes déclarent ressentir, pas sur ce que le microscope montre. Et il s'agit d'un usage local, sans rapport avec la cuillère du matin.
Japon, 2021 : l'os
Soixante-douze femmes de 45 à 60 ans, ménopausées depuis moins de cinq ans, ont pris pendant six mois des gélules de gelée royale séchée correspondant à 3 000 mg de produit frais, ou un placebo.
Le résultat est à formuler exactement : le groupe placebo a perdu de la densité osseuse au fémur, le groupe gelée royale n'a pas présenté de perte significative. La gelée royale n'a donc pas amélioré l'os ; c'est l'absence de dégradation mesurable qui distingue les deux groupes. Sur soixante-douze femmes et six mois, cela reste une observation à confirmer, pas une prévention de l'ostéoporose.
Les réserves qu'il faut poser
La dose. Un gramme, 800 mg, l'équivalent de 3 000 mg de frais : les essais utilisent deux à six fois la dose que nous conseillons, qui est d'une cuillère rase, soit 500 mg. Rien de ce qui précède n'a été observé à notre dose, et nous ne conseillons pas de l'augmenter pour autant — aucune dose optimale n'a été établie, ni aucun seuil de sécurité au long cours.
La forme. Fraîche, séchée, en crème : les produits testés diffèrent d'un essai à l'autre.
L'origine géographique. Iran, Japon, presque exclusivement. Rien ne dit qu'une population française réagirait de la même façon, ni que les produits utilisés là-bas ressemblent à un pot de gelée royale fraîche française.
La mesure. Les symptômes de la ménopause s'évaluent par questionnaire. C'est le type de critère le plus sensible à l'effet placebo, ce qui rend la qualité de l'aveugle déterminante — et l'essai sur la crème vaginale montre bien ce qui arrive quand le ressenti et la mesure objective divergent.
Et la principale. La gelée royale n'est pas une alternative au traitement hormonal, et ne doit jamais s'y substituer. Si la ménopause vous pèse, la conversation à avoir est avec votre médecin ou votre gynécologue, pas avec un producteur de gelée royale.
Qui doit s'abstenir
Deux points méritent d'être lus avant toute chose.
Le cancer du sein hormonodépendant. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center conseille aux femmes concernées d'éviter la gelée royale, par précaution. Demandez l'avis de votre oncologue — et sachez que l'essai iranien sur la crème vaginale attribue lui-même ses résultats à des propriétés estrogéniques, ce qui est précisément la raison de cette prudence.
L'allergie et l'asthme. L'Anses rappelle que l'allergie aux pollens est un facteur de risque d'allergie aux produits de la ruche, et des réactions sévères ont été publiées chez des personnes asthmatiques. Le dossier complet est dans gelée royale : contre-indications et effets indésirables.
Sur le sommeil, le poids et la tension — les trois inquiétudes qui accompagnent souvent cette période — nous avons rassemblé ce que disent les essais dans gelée royale : empêche-t-elle de dormir, fait-elle grossir, fait-elle monter la tension ?. Et pour le protocole de prise, voir notre guide de la cure.
En bref
| Question | Ce que disent les études |
|---|---|
| Combien d'essais ? | Six retenus par la méta-analyse de 2026, dont deux seulement regroupables |
| Combien de participantes ? | 471 au total, 312 pour le résultat chiffré |
| Quel résultat ? | Symptômes améliorés contre placebo, différence standardisée de 0,73, preuve jugée modérée |
| À quelle dose ? | 800 mg à 1 g par jour, ou l'équivalent de 3 000 mg de frais |
| Et sur les os ? | Pas de gain, mais pas de perte fémorale mesurable, sur 72 femmes et six mois |
| Est-ce une alternative au traitement hormonal ? | Non, et rien ne permet de le prétendre |
| Peut-on l'écrire sur une étiquette ? | Non : aucune allégation de santé autorisée dans l'Union européenne |
Notre gelée royale française bio est récoltée dans nos ruchers de Loire-Atlantique, labellisée GRF® et expédiée au froid. Les précautions d'emploi figurent sur chaque pot ; les autres questions courantes sont dans nos questions fréquentes.
Sources
- Ferraz S. D. et al., Royal jelly for management of postmenopausal symptoms: a systematic review and meta-analysis, Menopause, 2026
- Sharif S. N., Darsareh F., Effect of royal jelly on menopausal symptoms: A randomized placebo-controlled clinical trial, Complementary Therapies in Clinical Practice, 2019
- Asama T. et al., Royal Jelly Supplementation Improves Menopausal Symptoms Such as Backache, Low Back Pain, and Anxiety in Postmenopausal Japanese Women, Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2018
- Seyyedi F., Rafiean-Kopaei M., Miraj S., Comparison of the Effects of Vaginal Royal Jelly and Vaginal Estrogen on Quality of Life, Sexual and Urinary Function in Postmenopausal Women, Journal of Clinical and Diagnostic Research, 2016
- Matsushita H. et al., Effects of royal jelly on bone metabolism in postmenopausal women: a randomized, controlled study, Climacteric, 2021
- Münstedt K., Männle H., Apitherapy for menopausal problems, Archives of Gynecology and Obstetrics, 2020
- Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Royal Jelly
- Anses, avis relatif à trois cas d'allergie à des compléments alimentaires contenant des pollens ou des produits de la ruche, saisine 2017-SA-0215, mai 2018
- Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires. Texte sur EUR-Lex