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Depuis des siècles, le miel entre dans les soins de la peau. La recherche a confirmé une partie de cette tradition, et en a démenti une autre. Voici ce qui tient, ce qui ne tient pas, et comment l'utiliser sans risque. Les références sont en fin d'article.
Mise à jour de septembre 2026 : nous avons revu cet article. Sa première version présentait le miel comme une aide contre l'acné, ce que l'essai clinique le plus rigoureux sur la question ne confirme pas.
Ce que le miel apporte vraiment à la peau
Il retient l'eau
Le miel est hygroscopique : il attire et retient l'humidité (Bogdanov et al., 2008). C'est ce qui en fait un ingrédient apprécié des cosmétiques pour peaux sèches. Aucun essai clinique n'a en revanche mesuré l'hydratation qu'apporte un masque maison : on parle ici d'une propriété du miel, pas d'un résultat démontré sur la peau.
Une activité antibactérienne, en laboratoire
Au laboratoire, le miel freine la croissance de nombreuses bactéries. Il le doit à son acidité, à sa très faible teneur en eau et au peroxyde d'hydrogène que produit une de ses enzymes, la glucose oxydase (Bogdanov et al., 2008). Mais ce qui fonctionne dans une boîte de culture ne se retrouve pas forcément sur la peau, comme le montre l'essai sur l'acné plus bas.
La rosacée : un essai encourageant
En Nouvelle-Zélande, 138 adultes atteints de rosacée ont appliqué deux fois par jour, pendant huit semaines, soit un produit fait de 90 % de miel de kanuka de qualité médicale et de 10 % de glycérine, soit une crème témoin. Le produit au miel a donné de meilleurs résultats (Braithwaite et al., 2015). C'est un résultat réel, mais obtenu avec un produit formulé et contrôlé, pas avec un pot de miel de cuisine.
L'acné : pas de preuve
La même équipe a testé le même produit contre l'acné, chez 136 personnes de 16 à 40 ans, pendant douze semaines. Quatre patients sur 53 se sont nettement améliorés dans le groupe miel, un sur 53 dans le groupe témoin : un écart que l'essai ne permet pas de tenir pour réel. Les auteurs concluent à l'absence de preuve d'efficacité (Semprini et al., 2016). Pour une acné installée, c'est un dermatologue qu'il faut consulter.
Et les plaies ?
Des produits à base de miel de qualité médicale sont étudiés et utilisés en milieu de soins. Un miel alimentaire, lui, n'est pas stérile : il peut contenir des spores bactériennes (Nevas et al., 2005). Ne l'appliquez pas sur une plaie ouverte ou une brûlure.
Pourquoi préférer un miel brut
Les enzymes du miel supportent mal la chaleur. L'invertase, par exemple, commence à perdre de son activité dès 35 °C, et chauffés 24 heures à 75 °C, des miels en avaient perdu de 85 à 95 % (Karabournioti et Zervalaki, 2001). Un miel chauffé pour rester liquide en rayon a donc perdu une partie de ce qui fait sa singularité.
Ce qu'il faut chercher sur l'étiquette :
- un miel brut, non chauffé au-delà de 40 °C, simplement extrait et mis en pot ;
- une origine identifiée, idéalement le nom du producteur et de sa commune, pas un « mélange de miels UE et non UE » ;
- un label bio, qui garantit un rayon de butinage préservé et l'absence de traitements de synthèse dans la ruche.
Nos miels sont récoltés à Saint-Aubin-des-Châteaux, en Loire-Atlantique, extraits à froid et mis en pot sans pasteurisation : voir les miels du rucher.
Comment utiliser le miel sur la peau
Avant tout, faites un test. L'Académie américaine de dermatologie conseille, pour tout nouveau produit, de l'appliquer deux fois par jour pendant sept à dix jours sur une petite zone, au pli du coude ou à l'intérieur du bras, avant de l'utiliser sur le visage.
Toutes ces préparations se font avec du miel brut, à température ambiante.
Masque. Une cuillère de miel brut, une cuillère de yaourt nature. Appliquer sur le visage 15 minutes, rincer à l'eau tiède sans frotter. Un miel à texture fine s'étale mieux : le miel bio de printemps, finement cristallisé, s'y prête bien.
Gommage doux. Une cuillère de miel avec une demi-cuillère de sucre brun, en mouvements circulaires légers, puis rinçage. C'est le sucre qui exfolie ; le miel le lie. Un miel liquide comme le miel de fleur d'été se mélange plus facilement. Pas sur une peau irritée.
Lèvres sèches. Une petite quantité de miel pur, à laisser poser quelques minutes.
Une association à éviter : le citron. Les agrumes contiennent des furocoumarines qui rendent la peau sensible au soleil. Jus de citron sur la peau puis exposition aux ultraviolets, c'est la phytophotodermatite : rougeur, parfois cloques, puis taches brunes (Grosu et al., 2024). Quand un masque « miel et citron » laisse des taches, le miel n'y est très probablement pour rien.
Quel miel choisir
Pour un usage sur la peau, c'est surtout la texture qui compte :
- pour un masque qui tient sur le visage, un miel finement cristallisé : miel bio de printemps ;
- pour mélanger à un yaourt ou à du sucre, un miel liquide : miel de fleur d'été ;
- pour un miel clair qui reste liquide longtemps : miel bio de ronce.
Si vous hésitez encore, notre guide comment choisir un bon miel détaille les cinq critères à vérifier avant d'acheter.
Qui doit s'abstenir ?
- Les personnes allergiques à la propolis. C'est un allergène de contact connu en dermatologie (DermNet), et le miel peut en contenir.
- Les personnes allergiques aux produits de la ruche ou aux pollens. Nous détaillons ce point dans le miel peut-il provoquer des allergies ?
- Les peaux abîmées et les maladies de peau en poussée (eczéma, rosacée, acné sévère) : demandez d'abord l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue.
En cas de gonflement du visage ou de gêne respiratoire après une application, appelez le 15 ou le 112.
L'essentiel à retenir
Le miel retient l'eau et freine les bactéries en laboratoire. Un produit médical à base de miel a fait ses preuves contre la rosacée, pas contre l'acné. En soin maison, il reste un ingrédient agréable, à condition de faire un test, d'éviter le citron et de choisir un miel brut d'origine connue. Et un pot de 250 g qui ne finit pas sur votre visage finira très bien sur vos tartines.
Choisir votre miel brut du rucher → : récolté et mis en pot par nous, en Loire-Atlantique, en agriculture biologique.
Sources
- Bogdanov S. et al., Honey for nutrition and health: a review, Journal of the American College of Nutrition, 2008
- Braithwaite I. et al., Randomised controlled trial of topical kanuka honey for the treatment of rosacea, BMJ Open, 2015
- Semprini A. et al., Randomised controlled trial of topical kanuka honey for the treatment of acne, BMJ Open, 2016
- Nevas M. et al., Prevalence and diversity of Clostridium botulinum types A, B, E and F in honey produced in the Nordic countries, International Journal of Food Microbiology, 2005
- Karabournioti S., Zervalaki P., The effect of heating on honey HMF and invertase, Apiacta, 2001
- American Academy of Dermatology, How to test skin care products
- Grosu C. et al., New Insights Concerning Phytophotodermatitis Induced by Phototoxic Plants, Life, 2024
- DermNet, Contact allergy to propolis